UNE AVENUE, UNE RUE, UN HOMMAGE
(Deuxième partie)
Tu entres dans la BOULANGERIE – PATISSERIE MAHE.
Est-ce Maitre MAHE trônant derrière son comptoir ou bien son vendeur ?
Si c’est le Sieur MAHE en personne, tu commandes, par exemple, un mille-feuille.
Le mille-feuille de Maitre MAHE ! D’un goût et d’une réputation jamais égalés de part le monde !
Ce gâteau de pâte feuilletée garni de crème pâtissière à la vanille que tu entames délicatement à plein dents pour que cette saveur ne dégouline de partout ! Malgré cela te voici entrain de lécher les doigts pour ne rien
perdre de cette divine coulée. Les copains en profitent pour t’exprimer leur connotation…..nada ! … car le jeu en vaut la chandelle...et le goût !
Sans oublier évidemment les baguettes, les petits pains, les croissants, les pièces montées, les gâteaux d’anniversaire, les gâteaux secs ou aux fruits de la saison ainsi que le baba imbibé de rhum ou de kirsch.
Est-ce le vendeur qui t’accueille ?
Alors là, c’est une autre paire de manches qui t’attendrait dans le cas ou tu ne serais pas au courant d’un mot à éviter d’utiliser :
EL’AASSEL (le miel) !
Que de mini-drames ce mot peut-il engendrer si par maladresse tu le prononçais devant ce vendeur !
Un jour je fus témoin de ce dialogue:
Client : jib li keumera skheuna ! (donne moi un pain chaud)
Vendeur : hak !(tiens)
C:-coupant le pain en deux et se plaignant- ass hada ! had el khebz aamer b’laassel ! (qu’est ce que c’est que ca, ce pain est plein de miel !)
V : -qui commence à s’énerver- ma yiqderss ikeune ! had el khebz ma fihss el’ aassel ! (ce n’est pas possible ! ce pain ne contient pas de miel !)
C : - plongeant son doigt dans la mie du pain et suçant un miel imaginaire
et criant- fihe el’ aassel ! fihe el’ aassel ! (il contient du miel ! il contient du miel)
V: - à bout de nerfs et sautant par-dessus le comptoir dans un premier effort de saisir le client- ya weld el’hram daba ana en’ saouwbelk eshghelk ! (espèce de bâtard je vais te régler ton compte maintenant !)
Et du coup je te vois le client se sauver en trombe et le vendeur à ses trousses. Je me retrouvais seul dans la boulangerie attendant le retour du vendeur.
Il retourna quelques minutes après, suant, injuriant, fulminant et profondément déçu des résultats de sa poursuite. Presque instantanément voici notre client qui se pointe de nouveau à l’entrée, souriant triomphalement et notre vendeur de lui rendre la pareille…
Le comble de ma surprise arriva quand le client paya le pain, laissa un pourboire au vendeur et l’invita même à boire un JUDOR.
Le miel…Plus d’une fois par la suite je rencontrais d’autres personnes allergiques aussi à ce mot. Ce qui m’impressionnait le plus dans leur comportement était cette faculté de passer l’éponge et oublier l’incident une fois la « crise » passée. Jusqu’ à ce jour cette énigme m’est restée difficile à comprendre.
Je vous envoie donc une douce, mielleuse et compatissante pensée, chers vendeurs ou autres, si chatouilleux vis-à-vis de cette substance sucrée et parfumée produite par les abeilles pour le bonheur des hommes….et des femmes…
GUEDALIA ABENHAIM (GADY EVEN-HAIM)
Saturday, May 26, 2007
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